Puisque Homo sapiens est, rapporté à l’ensemble organique, une espèce relativement jeune dont on ne s’explique pas encore très bien les raisons de son apparition, sa fragilité, sa fulgurance, sa pérennité inquiètent. Dans tous les cas, sa destinée ne saurait aller sans modifications, sans interactions à valeur évolutives. Autant il est difficile de considérer les transformations du vivant humain (tant l’entreprise soulève de questions éthiques, brouille les réponses pratiques), autant nous disposons d’un véritable savoir-faire en la matière lorsqu’il s’agit de transformations animales domestiques. Animaux sur lesquels l’humanité ne s’est jamais empêché d’expérimenter, ni jamais gênée de tirer profit… C’est pourquoi soulever la question de la domestication sous l’angle d’un Beastness Model pourrait s’avérer essentiel à une compréhension élargie (humaine s’entend) du phénomène. Sans l’expliquer complètement, ce biais épistémique pourrait fournir quelques éléments de réponse aussi substantiels que réels.
Ainsi, s’intéresser à la domestication, c’est d’abord comprendre une des conditions fondamentales du vivre humain (le pacte domestique). C’est, ensuite, disposer d’un sérieux modèle évolutif aussi ancien qu’éprouvé éventuellement capable de servir l’extrapolation (le modélisme animal). C’est, enfin, (re)découvrir un véritable trope humain en matière de sélection et de design - autant biologique que culturel.
